
Nom du blog :
dinocastelbu
Description du blog :
Connaître, comprendre le dernier & plus ancien panthéon vivant au monde: le panthéon hindou
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
25.05.2009
Dernière mise à jour :
20.06.2009
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· LE TEMPLE HINDOU : LE MANDIR (OU KOYIL)
· LES DIEUX DU TEMPS
· VISHWA-RUPA
· CHANDRA
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· KUBéRA
· AVANT-PROPOS
· LES DIEUX VéDIQUES
· TROIS CENT TRENTE MILLIONS DE DIEUX
· L'AURA DIVINE
· RAHU ET KETU
· RAHU, KETU, LES ASURA ET LES NAGA
· 1. LE CERCLE DE BRÂHMA ET DE SARASVATÎ
· BRAHMÂ
· LA LIQUéFACTION DE VISHNU

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Brahmâ, est le Dieu créateur représenté en tant que prêtre (brâhmane), chantant les hymnes védiques, et tenant dans chacune de ses quatre mains un instrument destiné au rite cultuel : ses attributs sont la cuiller, la cruche, le chapelet et les Veda. Il faut savoir que les rites sont toujours conclus avec la récitation de la formule sacrée : « shanti, shanti, shanti », qui signifie « paix, paix, paix ». Car la Paix, dans son sens le plus large, est le but spirituel et matériel de chaque rituel ; la Paix est le résultat de l’union des trois mondes : le monde personnel, le monde culturel et le monde naturel, afin que tout le monde puisse apprécier l’Univers qui nous entoure – et dont notre personne dépend entièrement – dans sa totalité, à partir de points de vue différents. C’est ce que symbolise Brahmâ avec ses quatre têtes réparties vers quatre directions opposées, qui peuvent être considérés aussi comme les quatre Védas (les Samhitâs) : Rig-Veda, Sâma-Veda, Yajur-Veda, et Atharva-Veda ou Veda des formules magiques. Selon la mythologie, à l’origine, cinq têtes poussèrent au dieu Brahmâ quand il vit son épouse Sarasvatî (associée ici à sa fille) en extase érotique, et Shiva-Bhairava coupa l’une des cinq têtes de Brahmâ pour le punir de son rapport incestueux avec sa fille. À l’endroit où Shiva se serait nettoyé du sang de Brahmâ s’étend aujourd’hui Varânaçi (autrefois appelé Bénarès).

Au sein de l’hindouisme, Brahmâ est le Dieu qui a créé le monde, monde connu sous le nom de Brahmanda. Ce monde n’est pas seulement l’espace objectif gouverné par des principes mathématiques, c’est aussi le monde interne, subjectif, des pensées, des sensations et des sentiments. Selon les écritures védiques, Dieu ne « crée » pas le monde : il engendre consciemment toutes les créatures. Cette Conscience conduit à la Découverte, et cette Découverte peut être considéré comme la Création divine.


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Vishwa-rupa, ou Virat-Swarup, est la forme cosmique de Dieu. Pour l’hindouisme, Dieu est le réceptacle de toutes choses : de ce fait, cette conception du monde ne laisse pas de place à des notions strictement monothéistes ou polythéistes, le choix n’ayant guère de pertinence dans une telle disposition religieuse ; et c’est une erreur – aussi – de penser qu’il s’agit d’une vision strictement panthéiste, ou panenthéiste, du monde : la formule « le Brahman est Tout, mais tout n’est pas Brahman » (Mandana Mishra, Brahmasiddhi, VII s. ?) invalide, de par sa densité, ce genre de précision : il faut comprendre que dans l’optique hindoue, « Dieu » est synonyme d’Absolu (Brahman), représentatif d’un complexe dont chaque divinité s’inscrit, en principe, à l’intérieur – selon ses propres aptitudes, ses propres pouvoirs et devoirs – afin d’arriver à une parfaite complémentarité de l’harmonie cosmique, celle qui fait que notre Univers existe. Les dieux sont des membres vénérables de l’Absolu ; tous les dieux, étant différents, et pris séparément, sont chacun une fenêtre distincte ouverte sur le paysage divin : et toutes ces fenêtres ouvertes réunies sur l’Absolu – et uniquement lorsqu’elles sont réunies ensemble –, constituent effectivement l’Absolu, l’Âme cosmique ; c’est ce que symbolise Vishwa-rupa. Ainsi, si chaque chose est Dieu, il n’y a rien, pas même les choses que nous méprisons communément, que nous pouvons considérés comme étant impie. Le « bien » et le « mal » sont des jugements basés sur des valeurs humaines, et basées sur une compréhension limitée du monde. Si cette compréhension évolue, les valeurs et les jugements changent évidemment avec la société qui les a fait naître. Le terme sanskrit « Mâyâ » fait allusion justement aux choses qui peuvent être adaptées, soumises – inéluctablement – au changement. L’entendement humain face au monde est donc limité, d’où ses évolutions, et l’existence du Mâyâ, – le monde illusoire des apparences, de tout ce qui dépend de la temporalité, du conditionnement à l’histoire ou du perpétuel devenir. Au-delà du Mâyâ, au-delà des valeurs et des jugements humains, au-delà du discernement ordinaire du monde, il y a l’Être, la réalité illimitée, Ultime, non-conditionnée, éternelle, impersonnelle, absolue, et que l’hindouisme identifie à Dieu, sans jamais oublier que l'idée de Dieu n'est pas Dieu.
Selon l’hindouisme, toute création est divine. Chaque chose dans la Nature est donc digne de culte. Il n’y a pas d’inconvénient à envisager ou à représenter Dieu en une plante, un animal, une rivière, une montagne, une pierre ou des fabrications humaines comme un pot quelconque, etc. De nombreuses histoires, comme celle qui va suivre, illustrent la transformation d’une forme de Dieu en un fleuve.
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Dieu créa le monde par le biais de Brahmâ, le maintient grâce à Vishnou, et le détruira en tant que Shiva. Un jour, Shiva commença à chanter. Vishnu – tant ému par la mélodie produite par la voix de Shiva – se mit à fondre littéralement. Brahmâ déposa Vishnu, liquéfié, dans un pot qui se révélait êtrela Terre. Vishnu prit ainsi la forme du Gange, nourrissant la terre, et rendant ainsi la baignade dans les eaux du Gange pareille à une ablution au sein même de Dieu. (Gangâ Mahâtmya)
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Une déité hindoue peut être une pierre dans une grotte, un arbre poussant dans un verger, un fleuve se jetant dans la mer, une vache circulant dans la rue, tout autant – peut-être – qu’une idole de pierre savamment parée, en argile ou en métal enchâssée dans un temple. Chaque chose peut être reconnue comme étant Dieu. D’ailleurs, dans beaucoup de lieux, les divinités prennent une forme humaine simplement en leur sculptant une paire d’yeux et une paire de mains dans la roche brute : les yeux représentent les organes des sens, et les mains, les organes de l’action, deux symboles traduisant que la divinité est consciente, sensible et éveillée.
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Grama-dévî
La déesse de village, ou Grama-dévî, généralement située dans un mur de pierre brut, se caractérise par ses yeux taillés ou peints, indiquant qu’elle est sensible aux besoins de son adorateur. Avec la paume tournée vers le haut, la déesse offre son réconfort spirituel, tandis qu’avec la paume tournée vers le bas, la déesse offre un présent matériel. Son nez percé par un anneau, et ses bracelets la parant, rappellent que cette déité est domestiquée : son pouvoir a été subjugué pour le bénéfice du village tout entier.
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La sensibilité divine et sa réaction varient selon les localités où l’élément saint se trouve : certaines formations naturelles de roche sont considérées comme plus lourdes de puissances mystiques que d’autres. Cela explique pourquoi une série de trois blocs de pierre, à l’intérieur d’une caverne dans le Jammu, attirent des centaines de pèlerins qui les identifient comme des manifestations tangibles dela Déesse, localement connu sous le nom de Vaishno-dévî ; ou pourquoi un névé dans une grotte himalayenne, lointaine et particulièrement isolée, est assimilé avec Shiva, et révéré en tant qu’Amarnath, – le Seigneur éternel.
La potentiel de la puissance divine peut aussi dépendre du moment où il se produit. La confluence du Gange, du Yamuna et de la rivière mythique Sarasvatî est pour les Hindous l’endroit le plus sacré que n’importe quelles autres parties de fleuve. D’où le fait qu’il y ait eu toujours plus de bains collectifs dans les eaux de ces fleuves spécialement. Le flot de pèlerins augmente de façon spectaculaire lorsque Jupiter se positionne face au Bélier, et Capricorne face au soleil ; cet alignement planétaire se produit tous les douze ans, et il fixe la date du Maha Kumbh Mela, le plus grand rassemblement de saints hommes, connu pour être la plus importante manifestation religieuse dans le monde.
Il est possible, à travers certains rituels prescrits, de transformer une idole en une déité, d’en faire un objet ordinaire d’art sensible et réceptif à la condition humaine. Avec de telles images, l’aura divine décroît de par le temps, surtout si de plus en plus de personnes recherchent son darshan : les rituels réguliers accomplis assurent leur régénération. Pour minimiser la perte de l’aura magique, l’image est isolée dans le saint des saints, un lieu dans laquelle il fait plutôt sombre, à l’étroit et non ouvert au public. Seules les prêtes qui ont été rituellement purifiées sont autorisées à pénétrer dans le lieu sacré et à toucher l’idole en question. Dans ces conditions, les dévots peuvent regarder l’image de loin, et seulement pour quelques minutes. Une ou deux fois par an, durant les festivals, la divinité, ou son effigie, quitte le temple dans une grande procession où elle se mêle ouvertement à la foule.
Pour les Hindous, l’observation de l’image de Dieu est importante. Cet acte rituel est connu comme étant le darshan. Pendant le darshan, la déité regarde notre condition et y réagit. Ce darshan attire l’énergie méliorative de Dieu au sein d’une vie. Les dévots de Shrinathji sont capables d’attendre plusieurs longues heures dans les salles bondées de son Haveli, à Nathvara, au Rajasthan, même s’il s’agit de profiter de son darshan derrière des barreaux, juste pendant quelques secondes.
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